Le propriétaire d’un bien peut attribuer une partie de ses droits à une personne et en conserver les droits restants. Il s’agit d’un démembrement de propriété. Une pratique courante dans le cadre d’une donation familiale. Dans ce cas, les parents conservent en général l’usufruit, c’est-à-dire l’usage du bien (une habitation par exemple) et le droit d’en percevoir les revenus (les loyers pour un local). De son côté, l’enfant bénéficiaire dispose du droit de vendre la nue-propriété. En revanche, il ne peut ni occuper le bien ni le donner en location. C’est l’usufruitier qui a la qualité de bailleur mais il ne peut seul donner à bail un immeuble à usage commercial, artisanal ou industriel. Il faut l’accord du nupropriétaire.

Fiscalement, la valeur imposable du bien démembré varie en fonction de l’âge du donataire (voir tableau). Ainsi, lorsqu’une personne âgée de 60 ans donne la nue-propriété d’un bien évalué 100 000 € à ses enfants, les droits de donation sont calculés sur la moitié de la valeur du bien, soit 50 000 €. Au décès de l’usufruitier, sauf si celui-ci intervient dans un délai de trois mois, les enfants n’ont aucun droit supplémentaire à payer. Avant de transmettre la nuepropriété à ses proches, il convient par ailleurs d’être vigilant sur l’utilisation future du bien. Si le futur nupropriétaire utilise le bien dans le cadre de son activité professionnelle, le choix du régime d’imposition et la mise en place d’un contrat de bail sont des démarches préalables à ne pas négliger.
En effet, l’usufruitier est imposable sur les loyers qu’il perçoit. Il peut néanmoins déduire ses charges de son revenu foncier. En particulier les travaux d’entretien, voire même les grosses réparations, qui incombent normalement au nu-propriétaire. Si l’enfant nu-propriétaire réalise lui-même ces travaux (murs, couverture...), il ne pourra pas les déduire des revenus de l’immeuble puisqu’il n’en perçoit aucun. Il pourra en revanche les déduire de ses autres revenus fonciers s’il possède d’autres biens en pleine propriété. A défaut de revenus fonciers, le déficit éventuel peut alors être imputé sans limitation sur le revenu global. Deux conditions sont à remplir : le bien démembré doit concerner un immeuble bâti ou non, à l’exclusion des parts de société civile immobilière. Par ailleurs, le démembrement de propriété doit résulter d’une succession ou d’une donation entre parents. Les démembrements issus de partage de communauté sont donc exclus.
La location d’un bien à une société au sein de laquelle le propriétaire est exploitant permet à celui-ci de réduire la base de ses revenus professionnels soumis à cotisations sociales. D’où la tentation de fixer un montant de loyer élevé. Un raisonnement qui trouve ses limites lorsque l’associé exploitant est simplement nupropriétaire du bâtiment. Car le montant de la location revient à l’usufruitier. Il ne s’agit donc pas d’un produit pour le nu-propriétaire.
choisir le bon moment La donation de la nue-propriété ne permet pas au donateur qui reste usufruitier d’échapper à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Pour autant, des exonérations sont possibles selon la chronologie de la cessation d’activité et de la date de donation :
Des éléments à méditer au moment de passer le relais.