“Notre activité consomme chaque année l’équivalent de plus de 100 000 litres de fioul et émet plus de 600 tonnes de dioxyde de carbone. Ces deux chiffres résument bien les conclusions du diagnostic énergie et du bilan carbone que nous venons de réaliser”, soulignent en chœur Yann et Ludovic Monfort. Les deux frères dirigent l’entreprise CMN à Evreux, spécialisée en construction métallique. “Plus que jamais, l’heure est aux économies, nous voulions éplucher en détail notre consommation”. Tant qu’à faire, incités par le consultant qui mène l’étude, les deux associés décident d’aller jusqu’au bilan carbone, qui mesure l’émission de gaz à effet de serre. “Les données à rassembler sont pratiquement les mêmes. Ce type d’action est de plus en plus apprécié par nos clients, qui peuvent s’en prévaloir dans leur propre démarche environnementale” souligne Yann.
Comment s’est passée l’étude ? “Nous avons d’abord réfléchi à ce qu’on appelle le périmètre de l’étude. Mesurer les consommations directes d’énergie, comme celles de l’atelier, c’est évident ; le consultant a élargi notre réflexion aux secteurs périphériques à notre activité, comme nos déplacements et les transports, et à l’impact de notre matière première, l’acier”. Ensuite, il a fallu recueillir toutes les quantités consommées chaque année : kWh d’électricité, kilomètres parcourus, tonnes d’acier utilisées… “La plupart des informations figurent dans la comptabilité, mais il faut aussi décortiquer les factures”. Au moment des conclusions, les métallurgistes ont été surpris. “L’énergie directe que nous consommons est quasiment marginale. C’est l’acier qui pèse le plus lourd, 60 % dans ce bilan”.
Pas évident de passer du constat à l’action… “Notre activité ne peut pas se passer de l’acier, ni même en réduire les quantités. Le plus facile est d’agir sur l’énergie utilisée pour se chauffer, s’éclairer, se déplacer. Chez nous, pas question d’investir pour isoler le bâtiment, le jeu n’en vaut pas la chandelle, en plus nous ne sommes pas propriétaires… Bien sûr, nous ne négligerons pas toutes les petites économies qui, cumulées, finissent par compter. Maintenant qu’on a tout passé au peigne fin, on fera plus attention. Toutes ces dépenses méritent qu’on y consacre un peu plus d’énergie…”
Bilan énergie et bilan carbone peuvent aller de pair. L’utilisation d’énergies non renouvelables et les émissions des Gaz à Effet de Serre sont les deux impacts environnementaux majeurs d’une entreprise. Il est donc intéressant de mener les deux bilans de front, d’autant que le travail est pratiquement le même : collecter les quantités par nature d’intrants.