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Rapid’Préfa

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Jacques Mathé, économiste
un développement en béton armé
Anthony Doray et Fabrice Lambert ont créé Rapid’Préfa, dans la Vienne, en juillet 2005. Deux ans plus tard, ces spécialistes du béton armé dirigent 3 entreprises et plus de 50 salariés qui oeuvrent pour le monde du bâtiment. Une ascension aussi spectaculaire que bien maîtrisée au niveau de la gestion d’entreprise. Rencontre avec l’un de ses dirigeants.
Allier métallurgie et béton pour proposer des solutions aux entreprises du bâtiment : c’est l’idée originale d’Anthony Doray et Fabrice Lambert.

Quelle est l’originalité de votre produit ?

Anthony Doray : Nous proposons à nos clients du BTP des armatures métalliques enrobées en béton. Nous les livrons prêtes à poser. La plupart du temps, ces pièces de béton (poutres, éléments porteurs notamment) sont assemblées et coulées sur le chantier. On trouve aussi des entreprises qui fabriquent des éléments béton mais qui reçoivent les armatures métalliques d’un fournisseur métallurgiste. Notre originalité est de pouvoir réaliser l’ensemble de la pièce. En fait, plus qu’un produit, nous offrons un service sur mesure. Notre client a face à lui un interlocuteur unique. Il n’a plus à réaliser lui-même les pièces. Nous lui apportons une solution globale, conforme à ses exigences techniques et à ses délais. Un gage d’efficacité et donc de sérénité dans la conduite d’un chantier.

Comment vous est venue l’idée d’une telle activité ?

A.D. : Nous étions tous les deux dans la fourniture aux entreprises du bâtiment. J’étais technico-commercial dans les produits métallurgiques, notamment l’armature, et Fabrice commercialisait des éléments béton. Nous nous sommes aperçus qu’il manquait sur le marché une entreprise réunissant les deux activités. En alliant nos deux envies d’entreprendre, nous avons monté Rapid’Préfa.

Comment avez-vous choisi votre lieu d’implantation ?

A.D. : Par observation et déduction. La région de Poitiers, et du Poitou en général, nous a semblé intéressante. D’une part, elle était peu concurrentielle. Par ailleurs, nous y avions des contacts avec des clients potentiels prêts à nous faire travailler. Nous avons aussi bénéficié d’un bon accueil sur la communauté de communes de Vivonne. Celle-ci a mis à notre disposition un atelier-relais adapté à notre activité. Les élus comme les agents de la collectivité nous ont bien soutenus. Une chance ! Car, à certains moments, nous étions découragés, prêts à abandonner le projet face aux contraintes administratives. Le problème, c’est de trouver le bon interlocuteur, celui qui décide. Même chose au niveau financier, les banques sont plutôt frileuses. Maintenant que notre affaire s’est développée, ce sont les banquiers qui nous démarchent.

Votre activité nécessite une main-d’oeuvre importante, comment avez-vous géré cela au démarrage ?

A.D. : Constituer l’équipe n’a pas été facile. Nous avions besoin d’emblée de main-d’oeuvre. Donc, nous avons embauché 6 salariés. Heureusement, les commandes ont rapidement dépassé nos espérances. Du coup, les recrutements ont été plus importants que prévus.

En deux ans d’existence, Rapid’ Préfa est passé de 6 à 56 salariés.

Quels sont vos critères d’embauche  ?

A.D. : Notre critère de recrutement n’est pas le savoir-faire technique. Nous souhaitons former des salariés sur différents postes afin qu’ils soient aussi polyvalents que possible. Un soudeur doit aussi connaître l’enrobage béton, mais il doit surtout savoir lire un plan. C’est vraiment la compétence que l’on recherche. Il doit être autonome dans la réalisation de l’armature métallique. Nous ne sommes pas dans des tâches reproductibles, ni automatisables.

Etiez-vous formés à la gestion des ressources humaines ?

A.D. : Pas vraiment. Nous apprenons sur le tas cette mission pourtant primordiale. Nous veillons à nous entourer de conseils pour progresser. Dernièrement, nous avons accueilli une stagiaire en Mastère de gestion des ressources humaines. Elle nous a aidés dans la définition des postes et la communication interne. Nous avons fait du bon boulot avec l’université sur ce sujet. Nous venons de créer un poste sécurité et démarches qualité pour prolonger ce travail.

Vous avez des contraintes “qualité“ spécifiques ?

A.D. : Dans notre métier, nous devons respecter des normes de sécurité. On ne transige pas avec cela. Nous travaillons en étroite collaboration avec les bureaux d’études. Toutes les commandes des clients sont validées. Nous réalisons les pièces suivant les contraintes définies par le bureau d’études. Pas question qu’une poutre cède au troisième étage d’un immeuble  !

Depuis le démarrage, comment vous êtes-vous adaptés ?

A.D. : Nous avons fait essentiellement évoluer l’organisation de l’atelier et la logistique, notamment la livraison des pièces. Jusqu’à présent, nous sous-traitions à des transporteurs et à des grutiers pour la mise en place. Il fallait gérer deux intervenants dans des délais très courts. Nous nous sommes résolus à avoir notre propre matériel, un camion-grue. Nous créons d’ailleurs un deuxième poste de chauffeur. C’est un gros investissement mais, en terme de qualité de service, nous nous démarquons de la concurrence.

En deux ans, votre entreprise est déjà devenue un groupe. Comment expliquezvous une croissance aussi rapide ?

A.D. : Nous avons saisi plusieurs opportunités. Au moment où nous avons créé Rapid’Préfa, en juillet 2005, un concurrent cessait son activité et nous avons racheté CMC, une entreprise de 22 salariés située en Touraine. Enfin, depuis le mois d’août 2007, nous sommes associés avec un de nos clients dans Préfa 36, située dans l’Indre, qui emploie 17 personnes. Avec Rapid’Prefa, 18 salariés, notre groupe représente un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros et 56 salariés. Nous avons déjà une bonne rentabilité, le résultat avant IS et après rémunération atteint 12 % du chiffre d’affaires.

Quels sont vos projets à moyen terme ?

A.D. : Avant tout, consolider le développement par une meilleure organisation de nos trois sites et la création de nouveaux services. Nous souhaitons devenir des apporteurs de solutions pour nos clients du BTP. Chacun de nos sites possède des potentiels de croissance importants. Par ailleurs, nous allons certainement continuer à croître en externe. Car il y a beaucoup d’opportunités de reprise d’entreprises. Nous sommes dans un secteur très morcelé. Enfin, nous allons, Fabrice et moi, essayer de prendre du recul car nous sommes encore au four et au moulin. Nous devons déléguer certaines tâches pour nous centrer sur la relation clients et partenaires, la gestion et le développement des sites. Avec un objectif : que nos structures restent à taille humaine.

Former les salariés, défi nir les postes, communiquer, faire progresser la qualité : ce sont les priorités d’un métier qui repose sur les compétences humaines.

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