14/10/2011
Emploi. Un salarié, plusieurs employeurs : la philosophie Reso
Créé en 2003 à Nantes, le groupement d'employeurs Reso connaît un développement fulgurant. Sa mission ? Fédérer les entreprises des secteurs des CHR (cafés, hôtels, restaurants), de l'HPA et du tourisme autour d'un concept commun : le partage de personnel
Créé en 2003 à Nantes, le groupement d'employeurs Reso connaît un développement fulgurant. Sa mission ? Fédérer les entreprises des secteurs des CHR (cafés, hôtels, restaurants), de l'HPA et du tourisme autour d'un concept commun : le partage de personnels. Eclairage.

François Dupoué, animateur-responsable de Reso44
« Répondre à des besoins ponctuels ou récurrents de personnel ne pouvant être satisfaits en interne et essayer de reconstituer des emplois à temps choisi pour des salariés » : le groupement d'employeurs Reso affiche la couleur. L'heure est venue de repenser répartition de l'emploi et temps de travail. Car trop d'employeurs sont en pénurie de personnel à divers moments de leur activité (saisonnalité, etc.). Car trop de salariés peinent à coordonner leurs agendas et cumuler sans souci et sans risque les contrats à temps partiel. « L'idée de Reso, c'est de construire des CDI en temps partagé », explique François Dupoué, animateur-responsable de Reso44, premier groupement à avoir vu le jour. Un exemple ? « Au sein de Reso, j'embauche par exemple une serveuse en CDI à temps plein. Les lundis, mardis et mercredis, elle travaille pour la brasserie A et les jeudis et vendredis pour la brasserie B. » Deuxième cas de figure, les missions ponctuelles : un salarié jardinier ou agent de maintenance ou autre embauché par Reso en CDI et dont l'agenda sera dispatché entre différentes entreprises. Dernière situation couramment rencontrée : le temps partagé saisonnier. « Idem, un CDI est contracté et les saisonniers sont placés à la mer l'été, à la montagne l'hiver », poursuit François Dupoué.
Un groupement d'employeurs, pas une boîte d'intérim
L'avantage d'un tel système est commun aux employeurs comme aux employés. Gain de temps et stabilité du personnel pour les premiers. Assurance de l'emploi et aménagement personnalisé du temps de travail pour les seconds. Du gagnant-gagnant. « Nous ne sommes ni une boîte d'interim, ni une boîte de placement, insiste l'animateur-responsable. Notre objectif est de tendre vers l'emploi pérenne et la 'déprécarisation' des secteurs d'activités concernés. » Parmi ces secteurs donc, l'HPA. Sur les 960 entreprises adhérentes, 74 sont des campings. « Nous nous sommes intéressés à l'hôtellerie de plein air il y a environ trois ans, se souvient François Dupoué. Certains gestionnaires sont venus nous voir avec notamment des difficultés niveau ressources humaines : comment conserver des salariés d'une année sur l'autre, etc. » Depuis, le partenariat va bon train et nombre sont les établissements qui font appel aux Reso(s) maillant le territoire. Leurs besoins ? Des réceptionnistes, du personnel de cuisine, d'entretien des espaces verts, de ménage, des serveurs, etc.
30 Reso(s) mailleront le territoire d'ici 2013
Aujourd'hui, Reso France est présent dans 14 départements sous la forme d'associations indépendantes. « Nous sommes principalement dans le Grand Ouest, en montagne et sur la région parisienne. Mais nous nous développons rapidement, d'ici la fin 2013, nous serons une trentaine de Reso(s), avec l'arrivée des régions bordelaise et lyonnaise, des Charentes, du Nord, etc. » Un maillage qui leur permet d'avoir une vision du marché assez sensible et ciblée. Alors, cette saison estivale 2011 côté HPA ? « Le printemps a été exceptionnel, les campings complets et le recrutement boosté. En juillet-août, on observe une période de désenchantement, et nous avons essuyé beaucoup de contrats arrêtés à la fin août [sur la cinquantaine signés cet été], dont le terme était pourtant prévu fin septembre... » Saison en demi-teinte donc pour les gestionnaires de campings comme pour leurs employés, même si, « d'une manière générale, depuis quelques années, les campings se portent de mieux en mieux », tempère l'animateur-responsable.
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