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03/11/2008

Pouvoir d'achat et consommation : le prix de la confiance



Comprendre la sensation de baisse du pouvoir d'achat.




Les Fran?ais estiment que leur pouvoir d'achat n'augmente pas. Pourtant, l'Insee a mesur? qu'entre 1996 et 2006, il avait progress? de 1,9 % par an, malgr? une croissance mod?r?e et en raison notamment d'une inflation tr?s faible. Il existerait donc un d?calage entre la perception et la r?alit?. Qui a tort et qui a raison ? Ce qui est vrai, c'est que nos modes de consommation ?voluent et modifient nos rep?res sur les prix. Ces rep?res ont ?t? boulevers?s par le passage ? l'euro. Ceci d'autant plus que certains acteurs de l'?conomie, notamment les secteurs des services, en ont profi t? pour ajuster leurs prix ? la hausse. Mais la sensation de baisse du pouvoir d'achat est d'abord li?e au poids croissant des d?penses "contraintes" ou "contractuelles (logement, chauffage, ?lectricit?, assurances...). Les d?penses de logement, avec le transport et l'alimentation, repr?sentent aujourd'hui plus de la moiti? du budget des m?nages. Ces trois postes essentiels dans le panier des m?nages subissent de plein fouet la hausse du prix des mati?res premi?res (?nergie, produits agricoles). Va-t-elle ass?cher la consommation ? {{{Le retour de l'inflation}}} Depuis le d?but des ann?es 2000, les m?nages ont maintenu leur rythme de consommation, malgr? les al?as sur leur pouvoir d'achat. Pour cela, ils ont pioch? dans leurs r?serves d'?pargne. Le dynamisme de la consommation s'est surtout port? sur les achats de biens et services des technologies de l'information et de la communication (un secteur qui a connu une croissance ? deux chiffres) et les d?penses li?es aux loisirs et ? la culture. L'?volution de la conjoncture mondiale (hausse des prix des mati?res premi?res, crise immobili?re aux USA,...) pourrait modifier la donne en affectant la confiance des consommateurs. En 2007 d?j?, ceux-ci ont eu ? supporter la hausse des prix alimentaires (moins ?lev?e que ce que les m?dias ont pu rapporter) et la hausse de l'?nergie (plus ?lev?e que pr?vue). Parall?lement, les d?penses li?es au logement et ? l'?quipement continuent de progresser et de grignoter le budget des m?nages. D'autant que le taux d'?pargne en France se maintient ? un niveau ?lev? (16 % des revenus). Il n'est donc pas ?tonnant que la question du pouvoir d'achat - donc de la capacit? ? maintenir, voire accentuer son niveau de consommation - soit devenue centrale chez nous. {{{De nouvelles envies}}} Car les Fran?ais conservent l'envie de consommer. Du reste, des d?penses nouvelles apparaissent. Si elles ponctionnent les budgets, elles facilitent le quotidien, le rendant plus facile et plus confortable. Le pouvoir d'achat ne mesure pas ces ?l?ments qui font la qualit? et le niveau de vie. Et pourtant, ce niveau de vie s'am?liore. Les services apport?s par les technologies de l'information et de la communication (t?l?phonie portable, internet...) y contribuent. Les d?penses qui rel?vent du plaisir, des loisirs, de la culture, connaissent un fort d?veloppement. Les d?penses de t?l?communications ont augment? de 10 % en un an, les achats de TV, son, vid?o de 27 %, les d?penses de transport a?rien d'un tiers en trois ans. Parall?lement, on assiste ? l'?mergence rapide d'une offre de plus en plus all?chante de services ? la personne (entretien de la maison, d?pannage ? domicile, service aux personnes ?g?es...). Ces nouveaux secteurs d'activit?s adoptent la m?me strat?gie de facturation, sous forme d'abonnement, que les op?rateurs de la communication. De quoi accentuer encore le poids des d?penses contraintes dans les budgets des m?nages. Les m?nages, devant une offre de consommation de biens et services aussi ?toff?e qu'all?chante, vont sans doute chercher ? faire des ?conomies sur d'autres postes. L'alimentaire pourrait en faire les frais. {{{L'alimentaire : bouc ?missaire ?}}} La complexit? des modes de facturation dans le domaine des services brouille les rep?res sur les prix. Par contre, sur les produits alimentaires, peu ou pas transform?s, les consommateurs m?morisent plus facilement les prix et surtout leurs variations. De sorte que le rayon des fruits et l?gumes, la boulangerie, le rayon des viandes et des poissons servent de bouc ?missaire au d?rapage des prix. Il faut dire que les prix des produits frais sont sensibles ? la saisonnalit?, aux conditions climatiques ou sanitaires et donc, ? la r?gularit? de l'offre. Il semble que cette variabilit? soit de moins en moins comprise par des consommateurs qui ignorent la r?alit? les contraintes de production des denr?es alimentaires. En fait, les ?tudes du CREDOC [[CREDOC : Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie.]] montrent que la baisse de consommation dans les produits frais est avant tout li?e ? un effet g?n?rationnel plut?t qu'? un effet prix. La deuxi?me raison tient ? la mauvaise conservation des produits, en d?phasage avec les habitudes de consommation actuelles o? l'on veut utiliser un produit frais avec la praticit? d'un produit longue conservation. D'o? le succ?s des aliments ?labor?s. {{{Plaisir et loisirs}}} Malgr? la stagnation actuelle du pouvoir d'achat, les m?nages vont sans doute privil?gier davantage encore les produits synonymes de plaisir, service, confort, au d?triment des produits plus basiques. Au besoin, ils feront m?me jouer la concurrence pour certains produits, avec des achats premier prix dans les circuits traditionnels ou des achats discount sur internet. Autrement dit, il n'y a pas forc?ment un lien direct entre pouvoir d'achat et consommation. La diminution de l'un n'entra?ne pas une diminution automatique des achats pour l'ensemble des biens et services. Le regard que chacun porte sur son pouvoir d'achat est certes personnel, mais fortement influenc? par le contexte ?conomique et social et le niveau de confiance qu'il inspire. Ce regard influence les m?nages et leurs comportements d'achat, lesquels changent. Tout le syst?me productif, les chefs d'entreprise de l'artisanat, du commerce, des services et de l'agriculture doivent int?grer de tels changements dans leur strat?gie. La promesse de nouvelles opportunit?s d'affaires.


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